Journée mondiale du climat : les leviers pour protéger la forêt

Le 8 décembre, c'est la journée mondiale du climat. L’occasion d’en apprendre davantage sur les conséquences du réchauffement climatique sur les forêts et sur la manière dont vous pouvez aider les forestiers à façonner la forêt de demain.
12/7/23

Dépérissements et évènements dévastateurs : des conséquences du changement climatique

Experts et scientifiques s'accordent sur le fait que l’accélération du changement climatique est à l’origine d’épisodes répétés de sécheresse et de nombreux dépérissements

Étendu dans le temps, parfois discret et incidieux, parfois brutal et visible, le dépérissement des arbres (quelle qu'en soit la cause) guette également de nombreuses forêts, partout en France. L'évolution du climat vers des situations plus stressantes pour la végétation, avec des sécheresses plus longues et plus importantes et plus d'épisodes de canicule, rend les forêts plus sensibles, et davantage soumises à la prolifération de pathogènes ou insectes ravageurs. Par exemple, la chalarose du frêne ou encore la maladie de l'encre du châtaignier, ont été des pathogènes particulièrement destructeurs ces dernières années. De même, le scolyte, petit insecte xylophage dont les larves creusent des galeries sous l'écorce des essences qu'elle cible a causé de très nombreux dépérissements. Alors que les forêts étaient jusqu’à présent dans un état de santé globalement satisfaisant, la double action du réchauffement climatique, réduisant les quantités d'eau dont disposent les arbres, adoucissant les hivers et facilitant par la même occasion le développement des pathogènes et des nuisibles multiplie les situations de dépérissement.

Nous assistons aussi à une augmentation du risque d'incendie et d’évènements dévéstateurs.

Nous avons été confronté en 2022 à une très forte extension des surfaces touchées par des incendies dévastateurs, et simultanément à une remontée vers les Nord et l’Ouest des secteurs à risques, ainsi qu’à un allongement des périodes de l'année pendant lesquelles ce risque s'exprime. Ces constats inquiétants nous montrent bien l’importance de mener une gestion soutenue et régulière des forêts. Effectivement, les zones entretenues sont moins sensibles aux feux de forêt. De ce fait, le gouvernement a mis en place en 2023 les Obligations Légales de Débroussaillement (OLD) ayant pour but d'endiguer la propagation des feux dans les zones à risque.

Cette année, ce sont d’autres aléas qui ont retenu l’attention : chutes de blocs en montagne, inondations, tempête, dévastant des peuplements et affectant le littoral.

Forêt mosaïque : la solution ?

Depuis plus de dix ans, les forestiers analysent ce contexte incertain de changement climatique et  utilisent des outils permettant, entre autre, de savoir à quel endroit et sur quelles essences la menace pèse réellement, et comment il est possible d'agir pour favoriser la résilience des peuplements forestiers.

Pour atteindre cette résilience des forêts au changement climatique, il faut miser sur une plus grande diversité des essences au sein d'un peuplement forestier. Autrement-dit,  s'appuyer à la fois sur certaines essences déjà présentes dans les régions touchées, sur d’autres plus méridionales et dont on sait qu’elles sont plus résistantes aux phénomènes de sécheresse et de canicule et, de façon beaucoup plus marginale, sur des essences plus exotiques qui feront l’objet d’expérimentations très contrôlées et à toute petite échelle. 

C'est ce nouveau modèle de forêt, basé sur la diversité des essences, et également sur la diversité des traitements sylvicoles, que l'on appelle "forêt mosaïque".

Schéma du principe de "forêt mosaïque", nouveau concept de sylviculture permettant une meilleure résilience des forêts face aux changements climatiques, aux pathogènes et ravageurs.
La “forêt mosaïque”, une nouvelle sylviculture face au changement climatique - ©ONF

Le grand public a aussi un rôle important à jouer

Un travail de pédagogie et de sensibilisation reste à réaliser auprès du grand public, qui est confronté à des changements parfois brutaux du paysage forestier environnant. Il est nécessaire de rappeler que ce paysage est depuis toujours en mouvement et que les grandes forêts publiques que nous connaissons n'ont pas toujours été là et sont, pour la plupart, le fruit du travail des Hommes.

De plus, si le rôle premier des arbres et de la forêt est de stocker du carbone, le matériau bois constitue aussi l’un des leviers majeurs de l’atténuation des effets du changement climatique. D'une part, le stockage du carbone perdure dans les produits bois que chacun peut utiliser au quotidien (charpente, meubles…), et d'autre part, l'utilisation du bois au détriment d’autres matériaux énergivores, comme l’acier ou le béton, permet d’aboutir à un bilan carbone favorable. Il est donc du devoir de l'ensemble de la société de tendre vers un usage beaucoup plus important du bois.

Cependant l'usage du matériau bois est loin d'être le seul levier. Les choix et habitudes de consommation de chacun, représentent un immense potentiel d'impact collectif. Parce que chaque kilo de d'eq.CO2 qui n'est pas émis, parce que le moindre dizième de degrès qui n'est pas pris sont une petite victoire. Mêmes les petits gestes aident et peuvent inspirer d'autres personnes autours de nous qui se mettraient à leur tour à les adopter. Au même titre que ces petits gestes, chaque don, quel que soit son montant, nous aide à protéger la forêt, ses habitants et ce qu'elles représentent pour la société.

Devenez, vous aussi, acteur ou actrice de la protection des forêts publiques françaises !

Particuliers, entreprises, faites un don ! Faire un don aujourd'hui, c'est agir pour demain.

Conférences digitales : les rendez-vous à ne pas manquer ce vendredi 8 décembre !

Bannière de promotion de la journée mondiale du climat. Image de forêt, logos de l'ONF et du CNPF.
©ONF

À l'occasion de la Journée mondiale du climat, l’ONF prendra part à plusieurs événements :

 Émission en direct sur Twitch en partenariat avec le vulgarisateur scientifique Nota Bene
"Les grandes variations climatiques subies par les forêts au cours des siècles."
Vendredi 8 décembre de 10h à 12h

Avec la participation de :

  • Benjamin BRILLAUD (Nota Bene), vulgarisateur scientifique et YouTubeur.
  • Brigitte MUSCH, chercheuse à l'ONF.

Cliquez ici pour accéder à l'émission en direct sur Twitch

 

Webinaire en partenariat avec le Centre National de la Propriété Forestière (CNPF)
"La forêt française peut-elle continuer à jouer son rôle de puits de carbone ?"
Vendredi 8 décembre de 14h à 15h

Avec la participation de :

  • Albert MAILLET, directeur forêts et risques naturels à l’ONF
  • Olivier PICARD, directeur de la délégation du CNPF Occitanie et du C+FOR, service d'utilité forestière, lié aux projets carbone forestier du CNPF

Cliquez ici pour vous inscrire et rejoindre le webinaire

Voir aussi :