Reboisement post-scolytes et résilience pour les forêts du Morvan

Affaiblies par les étés secs et chauds des dernières années, plusieurs forêts du Morvan se sont vues décimées par les scolytes. Face au dépérissement massif de l'épicéa commun dans ces forêts, les parcelles concernées ont dû être exploitées. Grâce au mécénat, 12 ha ont d'ores et déjà été replantés, sur un modèle de forêt plus résilient. Petite histoire du projet, du besoin initial à la visite du mécène.
10/23/23

 

Comme la plupart des forêts françaises et plus particulièrement celles du quart Nord-Est, les forêts morvandelles ont été affectées par le changement climatique. Affaiblies par des étés secs et chauds successivement en 2018, 2019 et 2020, elles sont devenues particulièrement vulnérables aux attaques d'insectes xylophages, tels que les scolytes, qui ravagent les boisements d'épicéa.

Pour limiter la propagation du phénomène, l'ONF a été obligé d'exploiter en 2021 les parcelles en dépérissement et un projet de reboisement a rapidement été proposé. Ce dernier a suscité la générosité de la Maison Goyard, qui a un attachement particulier à la démarche et à la région du Morvan.

Ce 13 octobre, un peu plus d'un an après la mise en terre des nouveaux plans, dix des collaborateurs de la Maison Goyard ont été accueillis sur le terrain par les équipes de l'ONF et du fonds de dotation ONF-Agir pour la forêt pour visiter les parcelles replantées grâce à leur soutien. 

Contexte et objectifs du projet

Suite à l'exploitation forcée des parcelles d'épicéas touchées en 2021, le sol pratiquement à nu présentait un risque important d'érosion. Les parcelles ont été rapidement préparées en vue de la plantation de huit nouvelles essences. Cette diversité a pour objectif de rendre la forêt plus résiliente vis-à-vis du changement climatique et des risques sanitaires qui en découlent, comme les scolytes, sur le modèle de forêt mosaïque.

Rappel : le scolyte est un insecte xylophage, dont les larves se développent sous l'écorce du bois, abîmant les vaisseaux par lesquels circule la sève, entraînant un dépérissement de l'arbre.

Pour les mécènes, cette visite a été l’occasion de voir concrètement comment a été mis en place le projet et d'échanger avec les forestiers sur les causes du problème, les différentes étapes traversées et celles à venir :

  • L’exploitation et l’évacuation des bois morts et broyage des rémanents (bois morts et branches restés au sol) pour éviter une prolifération des scolytes à l’ensemble du massif morvandiau.

  • La réalisation de travaux de préparation des sols, composés en partie significative d'arènes granitiques, sortes de sable grossier, rendant les sols dans lesquels il est présent particulièrement meubles et sensibles à l'érosion.

  • La mise en terre de plants de 8 essences différentes : chêne sessile, chêne pubescent, châtaignier, douglas, mélèze d'Europe, pin maritime, cèdre de l'Atlas et pin laricio. Toutes, à l'exception du chêne sessile, qui a souffert de l'été chaud et sec, présentent un taux de reprise supérieur à 80% un an après leur plantation.

  • La mise en place de protection contre le gibier : répulsif naturel et biosourcé pour éviter notamment que les chevreuils, particulièrement friands de jeunes feuilles, ne ravagent à leur tour la parcelle.

« Réaliser que la Maison Goyard allait fêter ses 170 ans dans l’année nous a donné envie de nous rapprocher de nos racines. Nos fondateurs étaient flotteurs de bois dans le Morvan et transportaient les grumes jusqu’à Paris par voie fluviale. Alors quand le Fonds nous a proposé le projet pour reboiser les terres de nos pères fondateurs, nous avons immédiatement été séduits. »

Jean-Laurent THIERRY, directeur général de la Maison Goyard

Prochaines étapes

Le chemin est encore long,  jusqu'à l'obtention d'une forêt visuellement similaire à celle qu'elle était avant, mais les premiers pas ont été amorcés. La nature reprend peu à peu ses droits et c’est, pour les équipes de l'ONF, l'entrée dans une nouvelle phase du projet : celle de la surveillance et de l'accompagnement. 

Ces dernières veilleront au bon développement des plants. Elles accompagneront les plantations tout au long de leur évolution, en procédant à des élagages et à la selection des sujets les plus prometteurs au fil des différents stades jusqu'à ce qu'elles deviennent des futaient adultes.

Enfin, une petite partie des fonds collectés auprès du mécène permettront la mise en place de six panneaux d'information et de sensibilisation autour des conséquences du dérèglement climatique et du projet.

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La visite en images